Fost Plus prouve que le recyclage local fonctionne


MOPET, la toute nouvelle usine de recyclage de Morssinkhof Plastics à Neufchâteau, a été officiellement inaugurée le 1er juillet 2026. Il s’agit déjà de la cinquième installation de recyclage en Belgique spécialement construite pour traiter les emballages issus du sac bleu. C’est la meilleure preuve que les investissements dans le recyclage local portent bel et bien leurs fruits.

La nouvelle usine représente un investissement de 68,5 millions d’euros et créera au moins 90 emplois directs. L’intercommunale Idelux, chargée de la collecte des déchets dans la province de Luxembourg, investit elle aussi dans le projet.

28 000 tonnes de capacité supplémentaire

MOPET traitera chaque année 28 000 tonnes d’emballages en PET issus du sac PMC. La particularité du projet réside dans le fait que l’usine recyclera non seulement les bouteilles en PET transparent, mais aussi les bouteilles en PET opaque (notamment les bouteilles de lait) et les barquettes en PET. Le recyclage de ces deux dernières catégories est nettement plus complexe. Grâce à des technologies de pointe, MOPET les transformera en rPET de qualité alimentaire, qui pourra servir de matière première pour fabriquer de nouveaux emballages.

La nouvelle usine s’inscrit dans une évolution claire vers un recyclage plus local des emballages collectés par Fost Plus auprès des citoyens belges. En 2025, la Belgique a traité six fois plus d’emballages en plastique que quatre ans auparavant, passant de 13 463 à 74 236 tonnes. Fost Plus recycle ainsi déjà sur le sol belge plus de la moitié des emballages en plastique issus du sac PMC.

Une stratégie délibérée

Cette évolution ne doit rien au hasard : elle est le fruit d’une stratégie mûrement réfléchie. En 2020 et 2021, Fost Plus a lancé six appels à projets consacrés au recyclage des flux de plastiques issus du sac PMC. L’objectif était de stimuler les investissements industriels et de développer les capacités de recyclage en Belgique au moyen de contrats à long terme assortis de volumes garantis.

Cette stratégie porte aujourd’hui ses fruits. Cinq installations sont déjà pleinement opérationnelles et une sixième, également exploitée par Morssinkhof, démarrera prochainement à Lommel. Une évolution d’autant plus remarquable que l’Europe a perdu de nombreuses capacités de recyclage ces dernières années.

Le traitement local présente plusieurs avantages évidents. Il contribue à l’économie et à l’emploi locaux, tout en rendant le traitement plus durable grâce à la réduction des transports. Il offre en outre une meilleure visibilité sur la destination finale des matériaux collectés et permet de vérifier plus facilement que ceux-ci sont traités dans les règles de l’art.

Donner sa chance à l’innovation

Mais il présente aussi des avantages moins visibles. Les liens étroits avec les partenaires de recyclage permettent d’élaborer des solutions durables pour les matériaux plus complexes, comme l’illustre l’exemple de MOPET. Dans la pratique, les matériaux théoriquement recyclables nécessitent encore souvent des recherches complémentaires et des tests approfondis. Une démarche nettement plus aisée lorsque les installations se trouvent à proximité.

La proximité des installations ouvre également de nombreuses perspectives pour les innovations de rupture, comme le recyclage chimique. Dans les magasins Colruyt, par exemple, certains emballages contiennent déjà des matériaux issus de l’installation Plastics2Chemicals d’Indaver, située dans le port d’Anvers. Il s’agit d’une avancée majeure pour cette technologie, qui permet de transformer des emballages fortement contaminés, tels que les pots de yaourt en polystyrène, en matériaux de nouveau aptes au contact alimentaire.

Un marché local pour le contenu recyclé

Enfin, les matériaux recyclés deviennent également disponibles pour les producteurs locaux. L’exemple de FILAO, à Charleroi, est particulièrement éloquent. Les bouteilles en PET collectées par Fost Plus auprès des ménages belges y sont recyclées en nouvelles bouteilles, principalement destinées aux supermarchés belges. L’usine est le fruit d’une collaboration entre Veolia et Sources-Alma, qui produit de l’eau pour les marques de distributeur de plusieurs grandes enseignes.

Cette évolution ouvre également des perspectives pour l’avenir : à partir de 2030, le nouveau règlement européen PPWR imposera l’utilisation de contenu recyclé dans la plupart des emballages en plastique, ce qui entraînera une forte hausse de la demande de matériaux recyclés. La disponibilité locale de ces matériaux, y compris pour les emballages plus complexes, pourrait alors constituer un avantage concurrentiel majeur pour les entreprises belges.

La conclusion est claire. En investissant dans le recyclage local, nous bouclons la boucle de la manière la plus durable qui soit, tout en apportant une belle contribution à l’économie belge. Parfois, aller à contre-courant s’avère bel et bien payant.