Le règlement européen sur les emballages et les déchets d’emballages (PPWR, Packaging and Packaging Waste Regulation) sera sans conteste l’un des plus gros dossiers pour les membres de Fost Plus, et, par extension, de Valipac, au cours des années à venir. Cet ensemble de mesures législatives et réglementaires s’inscrit dans le Pacte vert pour l’Europe, qui vise la neutralité carbone à l’horizon 2050.
L’approche consiste à réduire l’impact environnemental des emballages en améliorant leur recyclabilité, en augmentant l’utilisation de matériaux recyclés et en réduisant la quantité d’emballages à usage unique. Pour y parvenir, des règles interdisent certains types d’emballages, rendent la réutilisabilité obligatoire et harmonisent l’étiquetage au sein de l’UE, entre autres. Il va de soi que le PPWR aura d’importantes répercussions sur ce que les consommateurs trouveront dans les rayons des magasins, mais aussi sur la manière dont les entreprises commercialiseront leurs produits.
Le règlement entrera en vigueur le 12 août. Le problème est qu’une grande partie de la législation secondaire (dans le jargon, les actes délégués et les actes d’exécution) n’est pas encore connue. Nous savons donc souvent quand un objectif donné doit être atteint, mais nous ignorons encore comment. Nous nous retrouvons donc face à une situation complexe. En effet, adapter des emballages ou mettre en place de nouveaux systèmes d’emballage exige du temps. D’ici 2030, la Belgique doit pouvoir démontrer une diminution des emballages de 5 % par tête d’habitant. Nous n’avons donc pas de temps à perdre.
Pour le moment, nous sommes principalement occupés à expliquer à nos membres (les entreprises qui mettent des produits emballés sur le marché belge) ce que signifie concrètement la nouvelle législation pour eux. Pour ce faire, nous offrons des conseils, partageons les meilleures pratiques, testons des innovations et facilitons et déployons des projets. Cette démarche correspond parfaitement au rôle social que nous assumons : faire en sorte que les emballages à usage unique soient collectés et recyclés, mais aussi boucler la boucle des matériaux d’emballage. Cela implique de réfléchir à des systèmes alternatifs d’emballage, mais aussi d’encourager un bon comportement afin que chacun, du producteur au consommateur, gère les emballages de manière responsable.
Trois grands chantiers en 2026
Réemploi et recharge
À partir de février prochain, les établissements horeca proposant des plats ou des boissons à emporter devront disposer d’un système qui permet au consommateur d’apporter son propre récipient et de le faire remplir sur place. Un an plus tard, ces mêmes établissements horeca devront également proposer un système d’emballages réutilisables. Les systèmes de réemploi et de recharge exigent un engagement important de la part du consommateur, ce qui n’est pas encore complètement le cas. Le Baromètre environnemental, lors duquel nous avons interrogé les consommateurs belges l’an dernier, a mis en évidence un grand intérêt pour le réemploi. 80 % des Belges estiment qu’il y a trop d’emballages jetables, mais en même temps, ils se préoccupent du prix, du confort et de l’hygiène. Alors que pour les entreprises, une large adoption est une condition à la faisabilité à grande échelle, et donc, à la rentabilité.
Recyclabilité
L’Europe mise fortement sur la recyclabilité des emballages et élabore un cadre d’évaluation à cette fin. Les emballages qui, selon cette classification, ne sont pas suffisamment recyclables seraient finalement interdits sur le marché.
Étiquetage
Au niveau des entreprises, l’étiquetage sera adapté. Les emballages doivent être munis d’une étiquette indiquant comment ils doivent être triés, que le consommateur doit également retrouver sur les poubelles. L’idée de base de l’Europe est l’uniformisation, de la Norvège au Portugal. Pour beaucoup de pays, c’est un progrès et ce cadre clair est bien accueilli. Pour des pays comme la Belgique, qui sont déjà très avancés, le PPWR apporte son lot de défis.
Il revient aux organisations REP de sensibiliser leurs membres à l’arrivée du PPWR et de les aider à s’y préparer, en collaboration avec les fédérations sectorielles concernées. Étant donné les incertitudes et le fait que des décisions doivent malgré tout être prises, nous allons d’ores et déjà autant que possible préparer le terrain, en collaboration avec Valipac et des organisations REP à l’étranger. Des projets pilotes doivent aider à faire des choix dès à présent. Le secteur de l’emballage est en pleine effervescence.



